Dans sa note intitulée « Observation du Sahel Central », la Banque mondiale indique que le Tchad a enregistré une croissance de 3% en 2024, marquant une baisse de 1,1 point par rapport à 2023, où elle s’élevait à 4,1%. Ce recul est attribué, selon la Banque, à « la crise des réfugiés qui a fortement sollicité les ressources locales et à l’augmentation de la pression fiscale ».
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La question des réfugiés soulignée par la Banque mondiale représente un défi majeur pour le Tchad. En effet, sur les vingt dernières années, le pays a connu un afflux continu de réfugiés. Selon les données de cette institution de Bretton Woods, le pays accueille aujourd’hui 1,1 million de réfugiés, principalement en provenance du Soudan, son voisin. Cet afflux massif de réfugiés soudanais fuyant la guerre au Darfour a conduit le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à solliciter des financements d’urgence à hauteur de 80 millions de dollars (50,3 milliards de FCFA) pour la construction de nouveaux sites de recasement, en plus des 214,8 millions de dollars (135,1 milliards de Fcfa) estimés comme besoins annuels.
Impact économique et alimentaire
Outre son effet sur l’économie, la crise des réfugiés aggrave également l’insécurité alimentaire dans le pays. En février 2024, le gouvernement tchadien a déclaré un état d’urgence alimentaire et nutritionnelle. Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoyait que 2,9 millions de personnes souffriraient de faim aiguë pendant la période de soudure (juin à août), coïncidant avec la saison des pluies. Cette situation s’est aggravée avec les inondations qui ont frappé le pays, causant la mort de 576 personnes et laissant 1,9 million de sinistrés, selon la Banque mondiale.
Croissance mitigée
Toutefois, il est à noter que la croissance enregistrée par le Tchad en 2024 dépasse les prévisions de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac), qui tablait sur une progression de 2,6%. En revanche, elle est inférieure aux prévisions du Fonds monétaire international (FMI), qui anticipait une hausse de 3,2% du PIB tchadien. Toutefois, la croissance enregistrée en 2024 a été soutenue par la bonne tenue des activités hors pétrole, bien qu’en ralentissement par rapport à 2023. « Le secteur non pétrolier a progressé de 2,7% en 2024, contre 4,1% en 2023, soutenu par le secteur agricole, qui a enregistré une croissance de 3,1%. Le ralentissement du secteur non pétrolier est attribué à la décélération de la croissance agricole, affectée par les récentes inondations, et à une réduction de l’investissement public », conclut la Banque mondiale.
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