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Ring road, Pirect, Paepys, PAK, Viva Logone … Le Cameroun mobilise plus de 1 000 milliards de Fcfa en 9 mois pour 80 projets

Le montant décaissé par les bailleurs de fonds est en hausse de 70% par rapport au volume global de financements décaissés durant l’année 2023. Toutefois, les investissements consentis ne se matérialisent pas sur le terrain.

Publiée jeudi 7 novembre 2024 à 16:35:24Modifiée jeudi 7 novembre 2024 à 19:40:14Temps de lecture 4 minPar Vicky BAGAL

Le Cameroun investit 1 000 milliards de Fcfa dans 80 projets en 9 mois

Entre janvier et septembre 2024, le Cameroun a mobilisé 1 000,244 milliards de Fcfa en faveur de 80 projets et programmes selon la Note de conjoncture récemment publié par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Cette facture est en hausse de 70% par rapport au volume global de financements décaissés durant l’année 2023, soit 589,5 milliards de Fcfa ; une hausse que la direction des opérations de la dette et des financements de la CAA adosse à « l’émission internationale auprès d’Afreximbank pour un montant total de 131,1 milliards de Fcfa en janvier 2024 et au placement privé/eurobond auprès de la Citi Group, pour un montant de 333,5 milliards de Fcfa en juillet 2024 dédié au remboursement partiel des Restes à Payer », peut-on lire dans la note.

Lire aussi : Cameroun : en mauvais état, le réseau routier s’est dégradé de près de 2% à fin juillet

En effet, selon le tableau dressé par l’institution, le volume de financements décaissés est constitué à 46,5% des fonds destinés à la réduction des Restes à Payer, à 13,1% du Contrat de crédit en faveur de la République du Cameroun et à 5,5% des prêts à court terme Sonara, relatif à l’importation du pétrole (51,67 milliards). Les projets agricoles ont absorbé pour leur part 4% desdits décaissements (environ 42,8 milliards pour 7 projets). Les principaux postes de dépenses sont : les projets routiers avec 89,96 milliards décaissés pour 13 projets dont le projet de développement du secteur du transport (39,6 milliards), projet de réhabilitation de la pénétrante Est de la ville de Douala-Phase II (12,08 milliards) et le projet de construction de la Ring-Road (5 milliards).

Viennent ensuite les projets énergétiques avec 59,4 milliards de Fcfa décaissés pour 6 projets notamment le projet de remise à niveau du réseau de transport électrique (23,3 milliards) et le projet d'Interconnexion des Réseaux Electriques du Cameroun et du Tchad (Pirect ; 23,7 milliards). Pour les projets d’adduction en eau potable, le Cameroun a mobilisé 57,24 milliards depuis le début de l’année pour 4 projets dont les principaux sont le projet d’adduction en eau potable Yaoundé-Sananga (Paepys) avec 40,9 milliards et le projet d’adduction en eau potable de 9 villes pour 15 milliards. Sur le plan infrastructurel, le pays aura injecté 30,33 milliards dans le projet de construction en eau profonde de Kribi-Phase II.

Des investissements très peu visibles sur le terrain

Le montant décaissé par les bailleurs de fonds depuis le début de l’année correspond à 7% de la dette publique de l’Etat. Toutefois, ces secteurs prioritaires qui ont bénéficié des décaissements des bailleurs de fonds en faveur du développement des projets n’affichent pas particulièrement une bonne santé sur le terrain. Dans le cas du secteur routier par exemple, les données officielles indiquent une dégradation continue du linéaire routier au Cameroun. D’après les données consultées par EcoMatin, le réseau routier en mauvais état s’est aggravé passant de 69,28% à fin décembre 2023 à 71,07% au 15 juillet 2024 soit une accentuation d’environ 1,8% en l’espace de 7 mois. Sur un linéaire global de 121 873 km, cela représente 86 529,83 km de route en mauvais état et moins de 12% du réseau routier en bon état. 

Lire aussi : Cameroun : le gouvernement ressuscite le projet de construction du premier technopôle agro-industriel du pays

Le secteur énergétique quant-à-lui présente une capacité disponible d’environ 1 200 MW sur 1 534 MW installée, soit 78,2%. Avec un parc de production d'électricité du pays actuellement constitué de 62% d'hydroélectricité, 14% de thermique au gaz, 22% de thermique au fioul et 2% de solaire, l’offre de production dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS) est de l'ordre de 940 MW. Or, la demande en journée atteint 960 MW et grimpe jusqu'à 1 140 MW en soirée, créant un déficit structurel et des conséquences économiques. De fait, les fréquents délestages dont sont victimes les grandes villes du pays entraînent des répercussions non négligeables sur l'activité économique et le quotidien des Camerounais. Car les entreprises voient leur productivité affectée, tandis que les ménages doivent composer avec des coupures d'électricité fréquentes et imprévisibles. Toute chose qui pose un doute sur la matérialisation des différents investissements consentis alors que le pays se prépare à contracter et décaisser davantage de fonds à la faveur des projets dits de développement, ce qui va alourdir le poids de ces investissements dans la dette publique.

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