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Conjoncture

La guerre au Moyen-Orient pourrait contraindre les pays de la CEMAC à augmenter les prix des carburants

Après avoir mobilisé près de 2 700 milliards de FCFA pour amortir le choc pétrolier provoqué par la guerre en Ukraine, les pays de la CEMAC pourraient ne plus être en mesure de reproduire le même effort. La BEAC estime qu'une crise prolongée au Moyen-Orient pourrait contraindre plusieurs gouvernements à relever les prix des carburants.​

Publiée mercredi 15 juillet 2026 à 14:25:44Modifiée mercredi 15 juillet 2026 à 14:25:46Temps de lecture 3 minPar EcoMatin

Les États de la CEMAC pourraient être contraints de relever les prix des carburants si la guerre au Moyen-Orient se prolonge. Dans une note sur les perspectives de l'inflation, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) estime que les finances publiques de la sous-région ne disposent plus des marges nécessaires pour absorber un nouveau choc pétrolier par des subventions massives, comme lors de la guerre en Ukraine en 2022. « Les pays de la CEMAC, importateurs nets des hydrocarbures, risquent d'augmenter les prix à la pompe si la charge de la subvention de l'État devient insupportable », avertit la Banque centrale.

Si plusieurs pays de la sous-région exportent du pétrole brut, ils importent encore une grande partie des carburants raffinés qu'ils consomment. La flambée des cours du pétrole, des coûts de raffinage et du fret maritime renchérit donc directement la facture des États lorsqu'ils maintiennent des prix administrés à la pompe afin de protéger le pouvoir d'achat et de contenir l’inflation. En 2022, les 6 pays ont consacré au total,  2 700 milliards FCFA (4,5 milliards de dollars) pour maintenir les prix inchangés à la pompe. 

Un mécanisme devenu coûteux

Si en 2022, ces dépenses ont permis d'atténuer les effets de la crise liée à la guerre en Ukraine sur les ménages et les entreprises, la Banque centrale estime que les pays ne disposent plus de la même marge de manœuvre. de la même capacité financière. Le déficit budgétaire de la CEMAC est passé de 1 034,5 milliards de FCFA (1,7 % du PIB) en 2022 à 3 825,8 milliards de FCFA (4,8 % du PIB) en 2025.

Lire aussi:Hausse des cours du pétrole : le Cameroun réintroduit 254 milliards FCFA de subventions

Dans le même temps, les recettes pétrolières supplémentaires attendues de la hausse des cours du brut devraient être moins importantes qu'en 2022, la production régionale ayant reculé de 40 millions de tonnes en 2021 à 38,2 millions de tonnes en 2025, tandis que le Brent demeure en deçà du pic de 122,7 dollars le baril atteint après l'invasion de l'Ukraine. « Les États devraient se retrouver affaiblis pour faire face à cette crise (…) et être contraints de ne pas maintenir plus longtemps les subventions des prix des carburants à la pompe », conclut la Banque centrale.

Une région déjà éprouvée par les hausses de prix

La perspective évoquée par la BEAC intervient alors que plusieurs pays de la sous-région ont déjà relevé les prix des carburants ces dernières années sous la pression de leurs contraintes budgétaires et des programmes conclus avec le FMI. Au Congo, le litre de super est passé de 595 FCFA à 775 FCFA en 2023, soit une hausse de 30,3 %, après deux relèvements successifs de 5 % puis 25 %. Au Tchad, les autorités ont augmenté en février 2024 les prix à 730 FCFA pour l'essence et 828 FCFA pour le gazole, quelques mois après une première revalorisation en 2023, provoquant un appel à la grève des principaux syndicats. La Guinée équatoriale a, de son côté, relevé en 2025 le prix de l'essence de 495 FCFA à 645 FCFA le litre (+30 %) et celui du gazole de 470 FCFA à 520 FCFA (+10 %). Le Cameroun et le Gabon ont également procédé à plusieurs ajustements depuis 2023 afin de réduire progressivement le poids des subventions. Une nouvelle hausse dans la région alimenterait mécaniquement l'inflation en renchérissant le transport, les coûts de production et les produits alimentaires, au risque d'éroder davantage le pouvoir d'achat des ménages.

Lire aussi:Pourquoi la BEAC refuse de supprimer son guichet de refinancement malgré la pression du FMI

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