Raymond Ndong Sima, le chef du gouvernement de la Transition au Gabon, vient d’ouvrir un nouveau contre la corruption dans l’administration publique, suite à une dénonciation du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Lors d’une rencontre le 28 janvier, à Libreville, la capitale du pays, le Premier ministre a réuni les secrétaires généraux et leurs adjoints, les inspecteurs généraux des services et leurs adjoints, ainsi que les inspecteurs des services de ministères.
Cette rencontre, apprend-on, fait suite à l'interpellation du gouvernement par le chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de la cérémonie de présentation des vœux pour l’année 2025. En effet, le Président de la Transition a alors dénoncé les comportements déviants de l'administration, en déclarant : « Il me revient que certains agents de la Fonction Publique cherchent à réintroduire et intensifier les pratiques du passé liées au détournement de fonds et à l'exigence de rétro-commission».
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Face à cette situation, le Chef de l'État avait instruit le Premier Ministre de mobiliser la justice pour mettre un terme à ces pratiques d'un « autre âge ». C'est donc dans ce contexte que Raymond Ndong Sima a convoqué les agents publics pour les rappeler au respect des principes qui fondent une bonne administration, à la recherche de la qualité et de l’excellence au travail, à l'éthique et au respect des normes. « Dans cette perspective, le chef de l'administration a exigé des inspecteurs généraux des services, d’une part la production des manuels de procédures et des manuels d’organisation des services de leurs départements respectifs dans un délai de 60 jours et d’autre part, le dépôt mensuel de leurs rapports d’audits qui devront être objectifs et sans complaisance », renseignent les sources d’EcoMatin.
De même, il a demandé aux secrétaires généraux de produire, chacun en ce qui concerne son département, un système de notation des agents publics relevant de son autorité. Se montrant ferme, le chef du gouvernement a indiqué qu’il n’hésiterait pas à appliquer toutes les sanctions prévues par la loi contre tout comportement déviant qui serait à nouveau constaté.
Transparency International
La relance de la lutte contre la corruption par le gouvernement intervient dans un contexte où, en 2023, le pays a régressé dans le domaine selon l’ONG Transparency International dans son dernier rapport rendu public le 30 janvier 2024. En effet, le pays enregistre une note de 28/100 dans le classement de 2023 sur une échelle de 0 (très corrompu) à 100 (très propre), contre une note de 29/100 en 2022. Soit une perte d’un point dans la lutte contre la corruption entre les deux périodes. Tout de même, le Gabon avec ce score stagne à la 32e place africaine et 136e mondiale sur 180 Etats classés au cours des deux périodes.
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Malgré cette légère baisse, le Gabon est toujours perçu par Transparency international comme le pays le moins corrompu de la Cemac devant le Cameroun, (140e dans le monde), la Centrafrique (149e dans le monde), le Congo (158e), le Tchad (162e) et la Guinée équatoriale (172e). Pour maintenir ce leadership dans la zone, le Gabon compte au cours des prochaines années accentuer la lutte contre ce fléau. Il sera notamment question sur la période 2024-2026, de renforcer l’amélioration de la gouvernance de l’Etat en restaurant la stabilité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.

