« Entre 2021 et 2024, le nombre de personnes vivant sous le seuil international de pauvreté (2,5 dollars) au Cameroun est passé de 6,2 millions à plus de 6,9 millions ». Ces données sont contenues dans le "Rapport sur la situation économique du Cameroun en 2025", présenté par la Banque mondiale le 15 juillet dernier à Yaoundé. Sur la base de ces chiffres, le nombre de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour, soit environ 1 229 FCFA (selon le critère de parité de pouvoir d’achat de 2017), a augmenté de 700 000 en l’espace de trois ans (+11,3%). Cette situation a entraîné une aggravation du taux de pauvreté passant de 22,8% en 2022 à 23,3% en 2024.
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L’institution de Bretton Woods explique cette hausse de la pauvreté par plusieurs facteurs. Le plus prégnant est la faiblesse de la croissance économique. Celle-ci peine à franchir 4% contre une cible de 8% à l’horizon 2030 dans le cadre de la Stratégie nationale de développement (SND30). La Banque mondiale déplore également l’insuffisance de la création des emplois combinée à une croissance démographique rapide. Alors que, en croire le ministère des Petites et Moyennes entreprises, 21 132 nouvelles PME ont vu le jour au Cameroun en 2024 pour une hausse de 7,5% en glissement annuel.
Près de 126 000 nouvelles personnes à la lisière de la pauvreté
Les perspectives de la Banque mondiale sur le Cameroun sont moins optimistes pour les trois prochaines années. L’institution financière prévoit que 125 937 personnes supplémentaires devraient basculer dans l’extrême pauvreté, portant le nombre à plus de 7 millions d’ici 2027. « Ces perspectives restent exposées à plusieurs risques notamment : d’éventuelles tensions liées à l’élection présidentielle prévue pour octobre 2025, les incertitudes et les évolutions affectant l’aide internationale, le commerce, les investissements, les marchés des matières premières et les marchés financiers ; la persistance de la crise sécuritaire ; un appui budgétaire des partenaires extérieurs inférieurs aux prévisions ; la persistance des contraintes d’approvisionnement en énergie, etc. », prévient la Banque mondiale dans son rapport "Baromètre économique de la CEMAC".
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