Le 16 juillet dernier, Brazzaville a abrité le lancement officiel du Projet d’amélioration des services de l’électricité (PASEL), financé par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars US, environ 56,5 milliards FCFA. « Le secteur de l’électricité au Congo fait face à de nombreux défis, dans une gouvernance marquée par des infrastructures obsolètes et mal entretenues, d’où un accès encore très limité et illégal à l’énergie pour les citoyens. C’est pour corriger ces faiblesses que le Pasel a été conçu comme une réponse concrète, structurée et ciblée », a exprimé Émile Ouosso, ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique, présidant la cérémonie auprès du représentant résident de la Banque mondiale au Congo, Clarence Tsimpo Nkengne.
De fait, à travers ce projet, le Congo ambitionne de réduire de 50 % les pertes énergétiques enregistrées sur le circuit national de transport de l’électricité chaque année. Lesdites pertes sont estimées à 432 MW, soit 60 % des 720 mégawatts produits annuellement. Le PASEL devrait bénéficier à quelque 1,75 million de personnes grâce à un meilleur accès à l’électricité. « Le projet se constitue en 3 composantes et vise, à l’horizon 2028, à réhabiliter et renforcer la ligne très haute tension Pointe-Noire-Brazzaville, qui, par ses difficultés, empêche 200 mégawatts d’arriver à Brazzaville », a rajouté le ministre.
Il s’agira, pour la première composante, de réhabiliter 130 km sur trois tronçons de ligne haute tension de 220 Kv entre Pointe et Brazzaville ; moderniser des postes 220 Kv de Ngoyo, à Pointe-Noire, et de Mbouono, à Brazzaville ; optimiser le système d’autonomisation des postes de transport de manière à dépasser ses déficiences et limites actuelles entre autres. La seconde composante vise à améliorer la distribution d’électricité en réduisant les pertes non techniques, via de nouveaux branchements, une meilleure qualité de service et un suivi renforcé. Un programme de protection des recettes ciblera les 26 000 plus gros clients (60 % des ventes), et 120 000 compteurs intelligents seront installés chez les usagers publics et privés.
La troisième composante du PASEL appuiera, quant à elle, la planification et la mise en œuvre de la réforme du secteur, engagée avec l’entreprise Seureca, filiale du groupe français Veolia. Ladite réforme prévoit un transfert de savoir-faire et d’ingénierie durable ainsi qu’un un accompagnement financier et technique au bénéfice d’Énergie Électrique du Congo (E²C) dans l’optique de supprimer les pertes en ligne sur le long terme, améliorer la fiabilité du réseau, renforcer les capacités de gestion de l’entreprise publique et stabiliser le prix de vente de l’électricité (actuellement 49FCFA/Kwh). De plus, la Banque mondiale a prévu une extension sur le secteur de l’eau pour lequel il sera réalisé des études diagnostiques et une assistance technique au ministère de tutelle.
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Selon les données de la Banque mondiale, le taux d’accès à l’électricité au Congo était de 50,6 % en 2022, mais tombait à 12,4 % en zones rurales, en raison de la vétusté des infrastructures. Malgré des injections financières de près de 97 milliards FCFA dans la société publique E²C, la situation restait inchangée à fin 2024.
Pour inverser la tendance, le gouvernement avait décidé de privatiser les segments transport, distribution et commercialisation du service public de l’électricité. Mais cette option, bien que contractualisée avec la Senelec en janvier 2024 via un contrat d’affermage, a finalement été abandonnée cinq mois plus tard. Le Congo s’est alors tourné vers un nouveau partenaire étranger pour relancer la réforme du secteur.
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